Du sur mesure, de la haute couture où l’on sert indistinctement les grosses, les maigres, les trapues ou bien les chétives, les musclées sans cervelles ou les cérébrales ? On parle bien sûr des communautés chrétiennes. Chacune vit son rythme et son histoire au gré des circonstances  qui tantôt lancent tantôt retardent.

La plus ancienne, c’est Maewe. Totalement catholique à l’exception d’une unique famille devenue bouddhiste. Le village locomotive entraîne et donne le rythme. Maewe compte 8 villages satellites dans son orbite direct, fruit de son rayonnement.

Maesapao fêtera cette année le cinquantenaire de son évangélisation. Un événement qui se prépare pour la communauté villageoise qui se confond avec la communauté catholique puisque tout le village à deux exceptions près suit Jesus. 5 villages autours ont emboîté le pas mais plus discrètement. Ce sont de minuscules communautés sans chapelle dans le village.

Maeomki à très vite profite du témoignage de Maesapao. La moitié du village est devenu chrétienne. Aussi les catholiques se sont rassemblés dans un même quartier pour s’épauler facilement dans la foi. Le coin d’un de leur jardin abrite aujourd’hui leur chapelle. Maeomki enfanta Maepo. A vrai dire les chrétiens de Maepo ont du quitte leur village d’origine Maewaluang. On craignait que leur foi nouvelle perturbe les esprits tutélaires toujours un peu revanchards qusnd on touche a  leurs prérogatives.

Les Karens de Maepo sont Karens mais d’un sous groupe ethnique qui les distingue des autres villages. Aujourd’hui totalement assimilés, ils conservent des traits culturels qui sans les isoler les rendent particuliers.

Maepleta grandit dans la foi de son côté. Normal au vu de son isolement. Longtemps sans route et sans pont, il y a encore 10 ans seul le bateau acheminait vivres et visiteurs a Maepleta. Totalement catholique aujourd’hui la communauté rayonne et 3 autres villages ont emboîté son pas. Le petit dernier, c’est Maeloui ou la foi continue de toucher les cœurs.

On peut associer Maeweta, car à Maeweta on continue de se rendre en bateau. Au bout du bout, il y a Maeweta avec une petite communauté chrétienne très fervente. Soucieuse d’éduquer ses enfants et de maintenir une belle foi, la communauté chrétienne se distingue dans ce village majoritairement bouddhiste et lui donne ses leaders.

Oupouta est catholique au deux tiers et très largement constitué de Karens réfugiés birmans. Son histoire est celle d’un drame. Les villageois d’Oupouta ont fui la guerre contre la junte birmane, beaucoup des hommes étaient soldats du KNU (Karen National Union, un des principaux mouvement de rebelles karens en Birmanie). Évidement cela forge un caractère. Village un peu marginal parce que parachuté par les circonstances et intégré plus tardivement dans le tissu local, son rayonnement est limité. Il a fallu survivre. Ce poids de l’histoire continue de peser: Peu éduqués, moins liés aux autres villages, on avance d’un pas différent à Oupouta.

3 villages gravitent pourtant autour, souvent parce qu’un homme d’Oupouta y a pris femme.

Maetowo est le quartier général de la mission : le lieu de résidence du Pado, la base arrière logistique. Il y a 40 ans, Maetowo qui n’est jamais qu’un gros bourg, à l’échelle de la région faisait figure de mégalopole. Son marché, son temple, son collège, sa situation frontière avec la Birmanie en passant la rivière décrit tout à la fois son charme et son dynamisme. C’est ce dernier point qui a poussé le Père Quintard à s’installer à Maetowo au prix d’un paradoxe : le siège de la mission s’est établi à l’endroit où il y a le moins de catholiques. Uniquement 3 familles catholiques originaires de Birmanie constituent les paroissiens du cru.

Mais s’ajoutent les 40 pensionnaires de l’internat !

Last but not least : L’histoire particulière la chapelle de Maetowo la rend unique à cause du symbole fort que son histoire nous rend vivante.  Le père Quintard l’a en effet bâtie à l’identique de celle qui, de l’autre côté de la frontière, accueillait l’armée karen dont il était l’aumônier… Cette dernière ayant été détruite, notre petite chapelle a donc acquis une importance historique !